{"id":74,"date":"2019-02-06T12:01:15","date_gmt":"2019-02-06T11:01:15","guid":{"rendered":"https:\/\/gsbernard.ch\/gsb\/?page_id=74"},"modified":"2021-10-04T18:27:08","modified_gmt":"2021-10-04T16:27:08","slug":"50-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gsbernard.ch\/gsb\/50-2","title":{"rendered":"Saint Bernard"},"content":{"rendered":"<h3>Saint Bernard de Menthon ( de Mont-Joux \u2013 d\u2019Aoste \u2013 du Mont-Blanc)<\/h3>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-1581 alignleft\" src=\"https:\/\/gsbernard.ch\/gsb\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/stbernard-col-183x300.jpg\" alt=\"\" width=\"183\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/gsbernard.ch\/gsb\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/stbernard-col-183x300.jpg 183w, https:\/\/gsbernard.ch\/gsb\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/stbernard-col.jpg 196w\" sizes=\"auto, (max-width: 183px) 100vw, 183px\" \/><\/p>\n<p>La Congr\u00e9gation des Chanoines R\u00e9guliers du Grand-Saint-Bernard doit son origine \u00e0 Bernard de Menthon, de Mont-Joux, d\u2019Aoste ou du Mont-Blanc. Au service de l\u2019\u00e9v\u00eaque d\u2019Aoste, dont il devint l\u2019Archidiacre, il fut charg\u00e9 du soin des pauvres, il accueillait r\u00e9guli\u00e8rement de nombreux passants (p\u00e8lerins, marchands, soldats, ou simples voyageurs) qui venaient de franchir le col du Mont-Joux (Mont Jupiter), reliant le Nord et le Sud de l\u2019Europe, et qui arrivaient en plaine, bless\u00e9s, d\u00e9valis\u00e9s, \u00e0 bout de force, encore sous le coup des \u00e9preuves de toutes sortes qu\u2019ils avaient d\u00fb affronter : temp\u00eates, avalanches, brigandage; beaucoup de leurs compagnons y avaient m\u00eame laiss\u00e9 leur vie.<br \/>\nEn effet, situ\u00e9 \u00e0 2 473 m\u00e8tres d\u2019altitude, recouvert de neige sept mois par an, le passage du Mont-Joux \u00e9tait depuis toujours la hantise des voyageurs qui ne pouvaient choisir d\u2019autres routes. \u00c9mu par les dangers auxquels sont ainsi affront\u00e9s les passants, Bernard d\u00e9cide de construire une maison d\u2019accueil sur le col lui-m\u00eame, afin de les secourir plus efficacement. D\u00e9sormais, la route passe par un havre de paix. La tradition populaire repr\u00e9sentera Bernard en habit religieux, portant une \u00e9tole, au moyen de laquelle il tient le diable encha\u00een\u00e9.<br \/>\nFid\u00e8le \u00e9galement \u00e0 sa vocation de pr\u00e9dicateur, Bernard ne cesse de parcourir la r\u00e9gion pour y annoncer l\u2019 Evangile, jusqu\u2019\u00e0 essayer d\u2019apaiser les conflits entre l\u2019empereur Henri IV et le Pape Gr\u00e9goire VII. Il meurt \u00e0 Novare, en juin 1081, entour\u00e9 de la v\u00e9n\u00e9ration populaire.<br \/>\nRefuge du voyageur en p\u00e9ril, la Maison d\u2019accueil \u00e9difi\u00e9e sur la montagne par Bernard portera d\u00e8s lors le nom de \u00ab\u00a0Hospice\u00a0\u00bb, et deviendra du m\u00eame coup la demeure de Dieu par la vie de pri\u00e8re de ses habitants : \u00ab\u00a0Ici, le Christ est ador\u00e9 et nourri\u00a0\u00bb, telle est sa devise d\u00e8s l\u2019origine. Par ailleurs, Bernard confia son oeuvre \u00e0 la protection de saint Nicolas de Myre, d\u2019o\u00f9 l\u2019appellation : \u00ab\u00a0Congr\u00e9gation des saints Nicolas et Bernard de Mont-Joux\u00a0\u00bb. Une communaut\u00e9 de Fr\u00e8res se groupa autour de Bernard, engag\u00e9e, comme lui,\u00a0 dans le minist\u00e8re de secours sur la montagne et dans le minist\u00e8re de la pr\u00e9dication alentour.<br \/>\nC\u2019est ainsi que, tr\u00e8s t\u00f4t, la petite communaut\u00e9 adopta la R\u00e8gle de saint Augustin, se rattachant par l\u00e0 \u00e0 l\u2019Ordre des Chanoines R\u00e9guliers et se vit confier la charge de desservir les paroisses de la r\u00e9gion, sur les deux versants de la montagne.<br \/>\nPar l\u00e0 se dessine d\u00e8s l\u2019origine la double mission fondamentale de notre Congr\u00e9gation : l\u2019accueil\u00a0 et le minist\u00e8re pastoral.<br \/>\nRappelons que Bernard fonda \u00e9galement un deuxi\u00e8me Hospice, au col du Petit-Saint-Bernard, reliant la Savoie et la Vall\u00e9e d\u2019Aoste. Cette maison fut habit\u00e9e par des chanoines du Grand-Saint-Bernard jusqu\u2019au 18\u00e8 si\u00e8cle. Une Fondation Internationale en a fait un g\u00eete d\u2019\u00e9tape pour les randonneurs.<br \/>\nA noter aussi, d\u00e8s le 17\u00e8 si\u00e8cle \u2013 ou peut-\u00eatre m\u00eame plus t\u00f4t \u2013 la pr\u00e9sence des fameux chiens, si pr\u00e9cieux pour accompagner les religieux dans leurs exp\u00e9ditions \u00e0 la recherche des voyageurs \u00e9gar\u00e9s dans la neige.<br \/>\nSaint Bernard de Mont-Joux est f\u00eat\u00e9 le 15 juin.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"https:\/\/gsbernard.ch\/gsb\/44-2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Voir les textes de la Liturgie de la f\u00eate\u00a0\u00a0\u00a0<\/a><br \/>\n<a href=\"https:\/\/gsbernard.ch\/gsb\/office-de-st-bernard\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Ecouter l&rsquo;Office liturgique\u00a0\u00a0\u00a0<\/a><\/p>\n<h4>Que savons-nous de ses origines? Comment lire sa vie au travers des l\u00e9gendes, des \u00e9crits et des repr\u00e9sentations iconographiques qui traversent l\u2019histoire?<\/h4>\n<p>Bernard de Menthon na\u00eet vers 1020. Archidiacre d\u2019Aoste, il fonde vers 1050 un refuge, au col du Mont-Joux (2\u2019473m. alt.), qui porte d\u00e9sormais son nom : l\u2019hospice du Grand-Saint-Bernard. Il reconstruit un hospice \u00e0 Colonne-Joux, celui du Petit-Saint-Bernard. Pr\u00e9dicateur itin\u00e9rant, il meurt \u00e0 Novare le 12 juin 1081 ou 1086 et y est enseveli le 15, jour retenu pour sa f\u00eate. Il est canonis\u00e9 par l\u2019\u00e9v\u00eaque de Novare en 1123, puis d\u00e9clar\u00e9 \u00ab Patron des alpinistes, des voyageurs et habitants des Alpes \u00bb par le Pape Pie XI, en 1923.<br \/>\nBernard, <strong>n\u00e9 d\u2019une famille noble<\/strong> vers 1020, vit une enfance et une adolescence sereines, avant de s\u2019orienter vers la vie eccl\u00e9siastique. Ordonn\u00e9 diacre, il devient membre du Chapitre de la cath\u00e9drale d\u2019Aoste o\u00f9 il exerce la fonction d\u2019archidiacre, qui est \u00e0 cette \u00e9poque le premier collaborateur de l\u2019\u00e9v\u00eaque. Pr\u00e9dicateur itin\u00e9rant, il exhorte la population de son dioc\u00e8se et des r\u00e9gions environnantes \u00e0 la conversion, \u00e9tant lui-m\u00eame un exemple de sobri\u00e9t\u00e9 et de vertus. Des miracles authentifient la v\u00e9racit\u00e9 de ses paroles, ce qui lui donne un grand succ\u00e8s populaire.<br \/>\n<strong>Pour s\u00e9curiser les Alpes<\/strong>, Bernard \u00e9tablit un lieu d\u2019accueil au col du Mont-Joux, vers 1045-1050. Il garantit la survivance de son \u0153uvre d\u2019hospitalit\u00e9 en lui affectant les revenus du monast\u00e8re de Bourg-Saint-Pierre, d\u00e9sormais d\u00e9saffect\u00e9. Les premi\u00e8res constructions, refuges de taille minuscule (1.50 m\u00e8tre sur 3), permettent de s\u2019abriter pour la nuit, la chaleur corporelle \u00e9tant l\u2019unique moyen de se r\u00e9chauffer. Bernard et ses compagnons construisent d\u00e8s que possible le premier hospice, b\u00e2tisse de 18 m\u00e8tres sur 13.50 sur la partie nord du col, qui sera agrandie au cours des si\u00e8cles. Ils utilisent les pierres des ruines voisines du temple de Jupiter et de ses annexes que les Romains avaient \u00e9rig\u00e9s \u00e0 l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9 du lac . Bernard le place sous le patronage de saint Nicolas de Myre, patron des marchands, dont le culte est en expansion de l\u2019Italie \u00e0 l\u2019Allemagne du Sud. Bernard reconstruit \u00e9galement un hospice au sommet du col de Colonne-Joux, l\u2019actuel Petit-Saint-Bernard.<br \/>\n<strong>Pr\u00e9dicateur itin\u00e9rant<\/strong>, Bernard exerce son minist\u00e8re de la parole non seulement dans la r\u00e9gion d\u2019Aoste, mais encore dans r\u00e9gions limitrophes. Il se rend \u00e0 Pavie, o\u00f9 se trouve alors l\u2019empereur Henri IV, qui pr\u00e9pare une exp\u00e9dition belliqueuse contre le pape Gr\u00e9goire VII. Bernard le rencontre et tente en vain de le d\u00e9tourner de son projet. Sur le chemin du retour, malade, Bernard s\u2019arr\u00eate au monast\u00e8re de saint Laurent-hors-les-murs, \u00e0 Novare. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il meurt. Il y est enseveli 3 jours plus tard, le 15 juin 1081 (1086 ?). En raison des miracles obtenus sur la tombe de Bernard, Richard, \u00e9v\u00eaque de Novare, le canonise en 1123. Les hospices fond\u00e9s par saint Bernard ont marqu\u00e9 ses contemporains. Ils ont ainsi renomm\u00e9 en son honneur le col du Mont-Joux en \u00ab\u00a0Grand-Saint-Bernard\u00a0\u00bb et celui de Colonne-Joux en \u00ab\u00a0Petit-Saint-Bernard\u00a0\u00bb.<br \/>\nLa vie de saint Bernard est embu\u00e9e de <strong>l\u00e9gendes<\/strong>. Le pan\u00e9gyrique de Novare, dont le texte le plus ancien se trouve dans le Passionale d\u2019Intra, dat\u00e9 de 1128, raconte les derni\u00e8res semaines de sa vie. Il a probablement \u00e9t\u00e9 \u00e9crit \u00e0 l\u2019occasion de sa canonisation en 1123, par Richard, \u00e9v\u00eaque de Novare. L\u2019auteur de ce texte indique dans son prologue qu\u2019il ne parlera que des faits qu\u2019il conna\u00eet. Il pr\u00e9cise qu\u2019il laisse le soin \u00e0 un parent du saint, Azolin, d\u2019\u00e9crire sa vie, mais cette derni\u00e8re ne nous est pas parvenue. En raison de l\u2019absence de traces de cette vie dans les anciens ouvrages liturgiques des dioc\u00e8ses de Novare et Aoste, nous pouvons conclure que cette vie n\u2019a probablement jamais \u00e9t\u00e9 \u00e9crite. Il existe certes une vie du XV\u00b0 si\u00e8cle attribu\u00e9e \u00e0 un certain Richard de Valdis\u00e8re, ainsi qu\u2019un Myst\u00e8re qui a popularis\u00e9 les \u00e9l\u00e9ments de la l\u00e9gende, mais ces derniers n\u2019ont aucune cr\u00e9dibilit\u00e9 historique.<br \/>\n<strong>Le jour de la mort<\/strong> et de la s\u00e9pulture de Bernard, les 12 et 15 juin, sont contenus dans le pan\u00e9gyrique. La date traditionnelle retenue pour sa f\u00eate est celui de sa s\u00e9pulture, \u00ab 17 des calendes de juillet \u00bb, selon le calendrier romain, qui correspond au 15 juin. Saint Bernard est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le 15 juin tant \u00e0 Novare, \u00e0 Ivr\u00e9e, Verceil, Sion qu\u2019\u00e0 l\u2019hospice du Grand-Saint-Bernard. Cette date a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 retenue par le calendrier de l\u2019\u00e9glise universelle, en 1681. Le pape Pie XI a d\u00e9clar\u00e9 saint Bernard patron des alpinistes le 20 ao\u00fbt 1923. Pour la mort du saint, l\u2019ann\u00e9e 1086 est retenue par le convent de saint Laurent-hors-les-murs de Novare, o\u00f9 Bernard est d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Lorsque son cr\u00e2ne a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 dans un reliquaire, le jeudi 15 juin 1424, un document notari\u00e9 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 pour comm\u00e9morer l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Il s\u2019appuie sur d\u2019antiques documents, aujourd\u2019hui disparus. On y lit que saint Bernard est mort en 1086 (\u00abanno millesimo octuagesimo sexto\u00bb). Une seconde ann\u00e9e est \u00e9galement retenue pour la mort de Bernard: 1081. Elle est obtenue en reconstruisant l\u2019itin\u00e9raire de l\u2019empereur Henri IV, d\u2019apr\u00e8s les actes r\u00e9dig\u00e9s de son vivant. Si les \u00e9l\u00e9ments chronologiques du pan\u00e9gyrique sont exacts, saint Bernard l\u2019y aurait vu entre le 15 et le 26 avril 1081 et serait mort un peu plus de six semaines plus tard \u00e0 Novare.<br \/>\nLa premi\u00e8re <strong>repr\u00e9sentation connue de saint Bernard<\/strong> remonte aux ann\u00e9es 1200 \u00e0 1230. C\u2019est son buste reliquaire de style roman, conserv\u00e9 \u00e0 l\u2019hospice du Grand-Saint-Bernard. Bernard pr\u00e9sente de ses deux mains l\u2019\u00e9vang\u00e9liaire. Il porte les habits liturgiques du diacre durant la messe, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il a enfil\u00e9 son aube blanche, serr\u00e9e aux poignets, puis, au-dessus de l\u2019\u00e9tole diaconale non visible sur le reliquaire, il a pass\u00e9 la dalmatique, qui se reconna\u00eet \u00e0 ses manches larges arrivant entre les poignets et les coudes.<br \/>\nUne seconde iconographie pr\u00e9sente le saint en habit de ch\u0153ur de chanoine, c\u2019est-\u00e0-dire avec la soutane, le rochet et l\u2019aumusse en peaux d\u2019\u00e9cureuils, pr\u00eat \u00e0 chanter les psaumes. Une fresque du ch\u00e2teau de F\u00e9nis, dat\u00e9e du14e si\u00e8cle, pr\u00e9sente le saint dans cette tenue, assailli par des gens qui lui pr\u00e9sentent leurs requ\u00eates, sous forme de rouleaux, et leurs offrandes. Les stalles de la cath\u00e9drale d\u2019Aoste, \u00e0 la place de l\u2019archidiacre, pr\u00e9sentent une iconographie comparable, datant du d\u00e9but du 15e si\u00e8cle. Saint Bernard y est pr\u00e9sent\u00e9 debout, en tenue identique. Il tient de sa main gauche le bourdon, indiquant son rang d\u2019archidiacre, et de sa main droite le livre des \u00e9vangiles.<br \/>\nDans sa troisi\u00e8me iconographie, dont les plus anciennes repr\u00e9sentations semblent remonter au 15e si\u00e8cle, saint Bernard est en habit ordinaire, qui est l\u2019habit religieux des chanoine du Grand-Saint-Bernard de la fin du Moyen \u00c2ge. Il s\u2019agit d\u2019une soutane noire recouverte par un rochet blanc, dont les manches ont \u00e9t\u00e9 coup\u00e9es, mais qui descend presque jusqu\u2019\u00e0 ses mollets, dont le fond est li\u00e9 sur le c\u00f4t\u00e9 gauche. Cet habit ressemble \u00e0 celui des moines cisterciens, mais en inversant les couleurs. Depuis 1487, les chanoines du Grand-Saint-Bernard peuvent porter, au-dessus de leur soutane, un rochet r\u00e9duit \u00e0 quatre doigt de largeur, pass\u00e9 en sautoir autour du cou, et qui est attach\u00e9 \u00e0 gauche, \u00e0 mi-cuisse. Saint Bernard, dans cette iconographie est pr\u00e9sent\u00e9 en pr\u00e9dicateur, \u00e9galement avec le d\u00e9mon encha\u00een\u00e9 \u00e0 son \u00e9tole.<br \/>\nL\u2019iconographie dominante de saint Bernard est li\u00e9e \u00e0 la diffusion de l\u00e9gendes \u00e0 son sujet. Le saint est pr\u00e9sent\u00e9 debout, en soutane noire, rochet blanc et aumusse en peaux d\u2019\u00e9cureuil. Il tient en main le b\u00e2ton d\u2019archidiacre, appel\u00e9 le bourdon, ainsi que l\u2019\u00e9tole qui se transforme en cha\u00eene pour m\u00e2ter le d\u00e9mon, soumis, \u00e0 ses pieds. Il existe des variantes \u00e0 cette iconographie classique, principalement sur des tableaux. Les \u00e9l\u00e9ments ajout\u00e9s peuvent \u00eatre des fragments du temple ou de la statue de Jupiter qui existaient autrefois au sommet du Mont-Joux. C\u2019\u00e9tait d\u2019ailleurs le temple d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Jupiter le plus haut de l\u2019Empire romain. Un ajout plus fr\u00e9quent, ce sont deux colonnes, situ\u00e9es en arri\u00e8re-plan, de part et d\u2019autre du saint. Elles symbolisent les cols du Mont-Joux et de Colonne-Joux avec, parfois, les hospices construits par saint Bernard \u00e0 ces emplacements. Le d\u00e9mon soumis repr\u00e9sente non seulement la victoire du christianisme sur les r\u00e9sidus de paganisme alpin, mais encore les hospices eux-m\u00eames. Du fait qu\u2019ils existent et que leurs habitants allaient chaque jour de l\u2019hiver \u00e0 la rencontre des passants, souvent au risque de leur propre vie, la charit\u00e9 des habitants des hospices vainc les dangers de la montagne que sont le froid, la faim, la temp\u00eate, le brouillard, la neige, l\u2019\u00e9puisement, voire la mort, sans oublier les brigands et autres d\u00e9trousseurs de passants.<br \/>\nNotons une nouveaut\u00e9 iconographique remontant au 19e si\u00e8cle. Au-lieu d\u2019accompagner saint Bernard du d\u00e9mon, encha\u00een\u00e9 et vaincu \u00e0 ses pieds, comme il \u00e9tait coutume de le faire depuis le 15esi\u00e8cle, le d\u00e9mon est parfois enlev\u00e9 et remplac\u00e9 par un chien saint-Bernard. La signification du chien est \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de celle du dragon. Ce ne sont plus les dangers de la montagne qui sont \u00e9voqu\u00e9s, avec l\u2019iconographie monstrueuse des lieux d\u00e9sol\u00e9s de haute altitude. Cette fois, c\u2019est l\u2019\u0153uvre hospitali\u00e8re avec les sauvetages qui sont \u00e9voqu\u00e9s. Nous sommes dans le registre de l\u2019exaltation de la charit\u00e9 o\u00f9 l\u2019homme trouve un collaborateur animal au flair l\u00e9gendaire. Cette iconographie suit l\u2019esprit romantique qui change les mentalit\u00e9s face \u00e0 la montagne. D\u2019endroit mortel redout\u00e9, elle devient un endroit mythique, pr\u00e9serv\u00e9 de la civilisation, qui verra bient\u00f4t l\u2019affluence des touristes.<br \/>\nLes <strong>diff\u00e9rentes mani\u00e8res de repr\u00e9senter saint Bernard<\/strong> vont progressivement se m\u00ealer. Il est parfois repr\u00e9sent\u00e9 avec la dalmatique et le diable encha\u00een\u00e9. Depuis 1674, ann\u00e9es o\u00f9 les chanoines de l\u2019hospice abandonnent l\u2019aumusse en fourrure d\u2019\u00e9cureuils au profit du camail en feutrine de couleur rosac\u00e9e, le saint est parfois repr\u00e9sent\u00e9 en camail. Il faut \u00e9galement signaler que la r\u00e9putation de saint Bernard de Clairvaux a surpass\u00e9 celle de son homonyme, provoquant ainsi des m\u00e9langes iconographiques entre eux, au fur et \u00e0 mesure de l\u2019\u00e9loignement g\u00e9ographique de la r\u00e9gion comprise entre Novare, le Grand-Saint-Bernard et la Savoie.<br \/>\n<strong>Bernard, le saint fondateur<\/strong> des hospices du Grand et du Petit-Saint-Bernard, est connu et v\u00e9n\u00e9r\u00e9 sous le nom de Bernard de Menthon, nom diffus\u00e9 par la l\u00e9gende du saint, remontant \u00e0 la fin du 14e ou au d\u00e9but du 15e si\u00e8cle. Il est \u00e9galement connu sous le nom de Bernard d\u2019Aoste, ville dans laquelle il exer\u00e7ait la fonction d\u2019archidiacre. L\u2019appellation saint Bernard de Mont-Joux (ou Montjou) est attest\u00e9e depuis le 13e si\u00e8cle, pour le relier \u00e0 la fondation de l\u2019hospice du Grand-Saint-Bernard. Depuis le d\u00e9but du 19e si\u00e8cle, l\u2019appellation Bernard des Alpes est \u00e9galement en circulation, pour signifier qu\u2019il est le patron des habitants et des voyageurs des Alpes. Lors de la restructuration des paroisses du dioc\u00e8se d\u2019Annecy, en 2004, l\u2019ensemble des paroisses de la r\u00e9gion de Chamonix s\u2019est plac\u00e9e sous son patronage, sous l\u2019appellation de saint Bernard du Mont Blanc afin de magnifier les lieux de son action, rayonnant autour du Mont-Blanc.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Saint Bernard de Menthon ( de Mont-Joux \u2013 d\u2019Aoste \u2013 du Mont-Blanc) La Congr\u00e9gation des Chanoines R\u00e9guliers du Grand-Saint-Bernard doit son origine \u00e0 Bernard de Menthon, de Mont-Joux, d\u2019Aoste ou du Mont-Blanc. 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