{"id":108,"date":"2019-02-06T12:40:04","date_gmt":"2019-02-06T11:40:04","guid":{"rendered":"https:\/\/gsbernard.ch\/gsb\/?page_id=108"},"modified":"2019-02-07T15:13:13","modified_gmt":"2019-02-07T14:13:13","slug":"61-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gsbernard.ch\/gsb\/61-2","title":{"rendered":"Un peu d&rsquo;histoire"},"content":{"rendered":"\n<p>Notices historiques<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques extraits (perles !!!) de \u00bb La Maison du Grand-Saint-Bernard, Des origines aux temps actuels, \u00bb Lucien Quaglia, 1972.<\/p>\n\n\n\n<p>Une multitude de p\u00e8lerins employaient la voie de Mont-Joux. Un grand nombre d\u2019entre eux furent victimes des Sarrasins qui, en 921 et 923, massacr\u00e8rent des Anglais allant en p\u00e8lerinage \u00e0 Rome.<\/p>\n\n\n\n<p>Le passage de Mont-Joux au temps de saint Bernard<\/p>\n\n\n\n<p>Le col du Mont-Joux est utilis\u00e9 non seulement par des p\u00e8lerins et des marchands, mais la diplomatie et les guerres y conduisent aussi des personnages marquants, de sorte que l\u2019histoire de ce passage est intimement li\u00e9e \u00e0 celle de l\u2019Europe occidentale. Vers le temps o\u00f9 saint Bernard construisait l\u2019hospice, le col fut franchi par plusieurs personnalit\u00e9s qu\u2019il convient de signaler.<br>Brunon, \u00e9v\u00eaque de Toul, le futur L\u00e9on IX, s\u2019acheminant vers le Saint-Bernard, apprit \u00e0 Ivr\u00e9e que toutes dispositions avaient \u00e9t\u00e9 prises aux cluses pour l\u2019arr\u00eater. A l\u2019approche de ce passage, il prit les devants de son escorte comme un voyageur isol\u00e9. Les gardes, qui ne concevaient pas qu\u2019un prince de l\u2019Eglise voyage\u00e2t sans une nombreuse suite, ne soup\u00e7onn\u00e8rent pas la qualit\u00e9 de ce voyageur et le laiss\u00e8rent passer. Cette ruse le sauva deux fois.<br>Devenu pape, apr\u00e8s avoir tenu un synode \u00e0 Pavie en 1049, il traversa le Mont-Joux avec un grand nombre de Romains, ce qu\u2019il fit encore l\u2019ann\u00e9e suivante apr\u00e8s avoir tenu un synode \u00e0 Verceil.<br>En 1049, Foulques, abb\u00e9 de Corbie et saint G\u00e9rault, moine de cette m\u00eame abbaye, se rendirent \u00e0 Rome. Celui-ci fit \u00e0 pied l\u2019ascension du Mont-Joux et de La Cisa.<br>Le Mont-Joux appara\u00eet toujours redoutable. Telle a \u00e9t\u00e9 l\u2019impression de saint Pierre Damien, cardinal d\u2019Ostie. Malgr\u00e9 son \u00e2ge, il fut envoy\u00e9 par le pape Alexandre II en qualit\u00e9 de l\u00e9gat \u00e0 l\u2019abbaye de Cluny, opprim\u00e9e par Drogo, \u00e9v\u00eaque de M\u00e2con, et traversa les Alpes en \u00e9t\u00e9 1063. S\u2019adressant plus tard \u00e0 l\u2019abb\u00e9 saint Hugues, il lui d\u00e9crivit ses impressions : \u00ab Lorsque d\u00e9j\u00e0 la vieillese m\u2019accablait, \u00e0 ton ordre, j\u2019ai pour ainsi dire pris mon \u00e2me entre mes mains, j\u2019ai gravi les pentes abruptes des Alpes couvertes de neige en plein \u00e9t\u00e9 et j\u2019ai p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des Gaules, non loin de l\u2019Oc\u00e9an \u00bb.<br>En 1065, Anno, archev\u00eaque de Cologne, passe le Grand-Saint-Bernard \u00e0 titre priv\u00e9 et rejoint \u00e0 V\u00e9rone l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale, qui avait pass\u00e9 le Brenner.<br>Ibidem p. XXXI-XXXII<\/p>\n\n\n\n<p>Du vin \u00e0 2\u2019473 m. d\u2019altitude<\/p>\n\n\n\n<p>Le col du Mont-Joux sert aussi au transport des marchandises. En 1339, le comte de Savoie mande au bailli d\u2019Aoste de lui envoyer \u00e0 Chillon vingt charges de vin.<br>Il l\u2019appr\u00e9cie au point que l\u2019ann\u00e9e suivante il en demande cinquante du meilleur qu\u2019on p\u00fbt avoir.<br>Le bailli n\u2019ayant pu trouver que trente-huit mulets \u00e0 Bourg-Saint-Pierre, l\u2019hospice dut en fournir douze. Le vin se transportait dans des outres \u00e0 dos de mulet.<br>Ibidem p. 120<\/p>\n\n\n\n<p>Histoire de bombarde<\/p>\n\n\n\n<p>Au cours de la guerre entre le duc de Savoie et le marquis de Montferrat qui avait occup\u00e9 la ville de Chivasso en 1434, le duc fait passer par le Mont-Joux une bombarde et plusieurs grosses pi\u00e8ces d\u2019artillerie.<br>Cette audacieuse entreprise, que Napo\u00e9on renouvellera en grand quatre cents plus tard, \u00e9tait dirig\u00e9e par Pierre Masuer, ma\u00eetre d\u2019artillerie.<br>La bombarde fix\u00e9e sur quatre poutres fut tra\u00een\u00e9e au moyen de gros c\u00e2bles sur les rochers couverts de neige. C\u2019\u00e9tait en d\u00e9cembre. Le 26, la bombarde arrive \u00e0 l\u2019hospice; le jour suivant, deux cent vingt hommes la transportent \u00e0 Saint-Rh\u00e9my avec les autres pi\u00e8ces; le 28, elle est \u00e0 Etroubles et le lendemain \u00e0 Aoste.<br>Cette manoeuvre fut couronn\u00e9e de succ\u00e8s: Chivasso fut repris par les soldats d\u2019Am\u00e9d\u00e9e.<br>Ibidem p. 118<\/p>\n\n\n\n<p>La Confr\u00e9rie du Saint-Esprit<\/p>\n\n\n\n<p>Un fait \u00e0 noter dans la vie paroissiale au XIV\u00e8 si\u00e8cle est l\u2019expansion de la Confr\u00e9rie du Saint-Esprit. Fond\u00e9e pour hospitaliser les p\u00e8lerins, elle s\u2019adonne encore \u00e0 d\u2019autres oeuvres de charit\u00e9. Dans chaque paroisse, elle re\u00e7oit de nombreuses donations, nomme ses procureurs pour l\u2019administation des biens de la confr\u00e9rie, tient ses r\u00e9unions solennelles aux f\u00eates de la Pentec\u00f4te. Ces confr\u00e9ries semblent grouper la plupart des paroissiens et ont \u00e9t\u00e9 souvent le v\u00e9ritable berceau de la vie communale. On le constate \u00e0 Lens, \u00e0 Liddes et ailleurs. A Liddes, la confr\u00e9rie tient ses r\u00e9unions de la Pentec\u00f4te dans la grange du cur\u00e9.<br>Cette grange mena\u00e7ant ruine, la confr\u00e9rie et la communaut\u00e9 du lieu s\u2019engagent \u00e0 la reconstruire \u00e0 leurs frais aux conditions suivantes: les prieurs et confr\u00e8res du Saint-Esprit auront la jouissance de cette grange durant six jours \u00e0 la Pentec\u00f4te pour y faire leur \u00ab confr\u00e9rie \u00bb et le cur\u00e9 le reste du temps avec charge de maintenir la grange dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 elle lui sera remise. En 1474, Pierre Darbellay, cur\u00e9 de Liddes, se lib\u00e8re de cette servitude en payant dix florins que Jean \u00ab Borgesii \u00bb, syndic de Liddes, et Jean Albi, prieur de la Confr\u00e9rie du Saint-Esprit, affectent \u00e0 l\u2019acquisition d\u2019un autre local pour la confr\u00e9rie. La Confr\u00e9rie du Saint-Esprit et la communaut\u00e9 de Liddes sont \u00e9troitement li\u00e9es l\u2019une \u00e0 l\u2019autre; c\u2019est que l\u00e0, comme ailleurs, la confr\u00e9rie est l\u2019embryon de la vie communale.<br>Ibidem p. 124<\/p>\n\n\n\n<p>Ch\u00e8vres et for\u00eats<\/p>\n\n\n\n<p>En 1335, le prieur\u00e9 de Saint-B\u00e9nin est en controverse avec la coll\u00e9giale de Saint-Ours au sujet du droit de p\u00e2ture sur les alpes de Vervey et de La Lech\u00e8re, propri\u00e9t\u00e9 de la coll\u00e9giale dans la vall\u00e9e de Valpelline. Le litige est soumis au jugement du sire de Quart qui a juridiction jusqu\u2019au sommet de cette vall\u00e9e. Le seigneur se rend au hameau de La Lech\u00e8re, entend des t\u00e9moins le 23 ao\u00fbt 1335 et conclut que le prieur\u00e9 de Saint-B\u00e9nin ne peut conduire son troupeau sur ces alpes, sauf les ch\u00e8vres en certains endroits depuis la Saint-Jean \u00e0 la Sainte-Madeleine.<br>Le prieur de Saint-B\u00e9nin, Emeric d\u2019Arces, a affaire en 1399 avec la m\u00eame coll\u00e9giale. Ce prieur pr\u00e9tendait avoir des droits sur les bois des \u00eeles de Quart et de Brissogne et y avait fait des coupes importantes. Berthod de Nus, prieur de Saint-Ours, d\u00e9pose plainte au tribunal du bailliage vu que ces \u00eeles avaient \u00e9t\u00e9 conc\u00e9d\u00e9es \u00e0 son chap\u00eetre.<br>Les t\u00e9moins d\u00e9posent que ces \u00eeles avaient appartenu aux seigneurs de Quart, puis au comte de Savovie et enfin \u00e0 la coll\u00e9giale de Saint-Ours. Ils d\u00e9clarent encore que le prieur de Saint-B\u00e9nin avait frapp\u00e9 de son \u00e9p\u00e9e le garde-forestier et prof\u00e9r\u00e9 des menaces injurieuses \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la maison de Savoie. Le bailli entend encore le prieur de Saint-B\u00e9nin, le procureur du comte, Hugonin Taride, examine les pi\u00e8ces produites par les parties et prononce le jugement : Le chap\u00eetre de Saint-Ours est maintenu en possession de ces \u00eeles, le bois emport\u00e9 doit \u00eatre restitu\u00e9 et plusieurs accus\u00e9s sont condamn\u00e9s \u00e0 soixante sous d\u2019amende pour s\u2019\u00eatre port\u00e9s \u00e0 des voies de fait. Le prieur Emeric perd donc le proc\u00e8s. Remarquons qu\u2019il est bien de son temps, ce prieur Emeric d\u2019Arces, parent du pr\u00e9v\u00f4t, pourvu d\u2019un riche b\u00e9n\u00e9fice, avide d\u2019en tirer le plus grand revenu et prompte \u00e0 tirer l\u2019\u00e9p\u00e9e qu\u2019il porte au c\u00f4t\u00e9.<br>Ibidem p. 126<\/p>\n\n\n\n<p>1452 : Un Chanoine . . . mari\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a ordinairement \u00e0 l\u2019hospice quelques novices qui viennent de la vall\u00e9e d\u2019Aoste ou du Valais, mais parfois de bien plus loin tel un certain Conrad Schelin de Massevaux (dioc\u00e8se de B\u00e2le).<br>Etant mari\u00e9, le 22 juin 1452, il se pr\u00e9sente avec son \u00e9pouse, Jeannette de Fribourg, \u00e0 son \u00e9v\u00eaque et lui demande l\u2019autorisation de prendre l\u2019habit de Saint-Bernard du Mont-Joux et de recevoir les ordres. L\u2019\u00e9pouse interrog\u00e9e donne son consentement et l\u2019\u00e9v\u00eaque accorde \u00e0 Conrad la dispense sollicit\u00e9e. Conrad se rend alors \u00e0 l\u2019hospice et, en consid\u00e9ration de la saintet\u00e9 de ce lieu et des m\u00e9rites que religieux et serviteurs peuvent y acqu\u00e9rir chaque jour au service de Dieu et des pauvres, il demande au chap\u00eetre de le recevoir au nombre des religieux. Ses voeux sont exauc\u00e9s. Alors le Fr\u00e8re Conrad promet d\u2019\u00eatre fid\u00e8le et ob\u00e9issant au pr\u00e9v\u00f4t, \u00e0 l\u2019ordre et au chap\u00eetre, et de leur \u00e9viter tout dommage. Apr\u00e8s cette d\u00e9claration, le chap\u00eetre lui d\u00e9livre une attestation d\u2019aptitude \u00e0 recevoir les ordres. Cette vocation peu banale r\u00e9v\u00e8le l\u2019attrait qu\u2019exer\u00e7ait sur les \u00e2mes g\u00e9n\u00e9reuses la belle oeuvre du Mont-Joux.<br>Ibidem p. 172<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e9gendes sur les origines de l\u2019hospice<\/p>\n\n\n\n<p>Guillaume Morard, vicaire g\u00e9n\u00e9ral de Jean de Grol\u00e9e, a laiss\u00e9 un \u00e9crit curieux, dat\u00e9 du 5 mars 1540, o\u00f9 il relate les croyances populaires de ce temps sur l\u2019hospice.<br>Cet \u00e9tablissement est appel\u00e9 maison sainte et tabernacle du paradis parce que personne ne l\u2019a vu b\u00e2tir, les anges l\u2019ayant construit en une seule nuit avec l\u2019aide de saint Nicolas et de saint Bernard; le d\u00e9mon habitait en ce lieu et emportait un passant sur dix pour se baigner dans son sang; saint Bernard a encha\u00een\u00e9 le d\u00e9mon dans une caverne t\u00e9n\u00e9breuse o\u00f9 on le voit et l\u2019entend.<br>Ces l\u00e9gendes flattent le go\u00fbt de l\u2019\u00e9poque pour le merveilleux, donnent de la vogue \u00e0 saint Bernard et attirent de nombreux curieux \u00e0 l\u2019hospice.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame les chanoines vivant \u00e9loign\u00e9s de l\u2019hospice lui manifestent de l\u2019attachement. Tel fut Th\u00e9obald Juli, prieur de Branches (dioc\u00e8se d\u2019Auxerre), qui donna \u00e0 l\u2019\u00e9glise du Mont-Joux, entre les ann\u00e9es 1449 et 1459, des chapes, des \u00e9toles et d\u2019autres ornements.<br>En note : Ces croyances sont un \u00e9cho des l\u00e9gendes de saint Bernard, qui se sont largement r\u00e9pandues durant le XV\u00e8 si\u00e8cle. La caverne t\u00e9n\u00e9breuse o\u00f9 le diable aurait \u00e9t\u00e9 encha\u00een\u00e9 pourrait s\u2019identifier avec l\u2019actuelle grotte de Saint-Bernard. Il y a une soixantaines d\u2019ann\u00e9es (env. 1910), les domestiques de l\u2019hospice allaient parfois s\u2019y cacher en agitant des cha\u00eenes pour faire croire aux na\u00effs que c\u2019\u00e9tait le d\u00e9mon.<br>Ibidem p. 168\n\n<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notices historiques Quelques extraits (perles !!!) de \u00bb La Maison du Grand-Saint-Bernard, Des origines aux temps actuels, \u00bb Lucien Quaglia, 1972. 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