Congrégation du Gd-St-Bernard / Patrimoine culturel


Les archives

Présentation

La Congrégation des Chanoines du Grand-Saint-Bernard gère des fonds d’archives dont elle assume le dépôt, le travail d’inventaire et la consultation :
- ses propres archives, tant historiques qu’actuelles (voir la liste des fonds),
- des archives de paroisses, liées à son champ d'activité pastorale. Cette gestion est réglée par convention.

Pour l’étude de l’histoire de la Congrégation, il existe des fonds d’archives répartis sur ses lieux d’apostolat au cours des siècles, situés entre Londres et la Sicile. Signalons :
- les archives de l’Ordre Mauricien, à Turin, contiennent la majeure partie des archives historiques de la Congrégation dont la gestion des bénéfices au cours des siècles. C’est cet Ordre qui hérita des archives lors d’une sécularisation qui eut lieu en 1752.
- les archives de l’Etat à Turin sont importantes. Rappelons-nous que l’Hospice était en Savoie jusqu’en 1475. De plus, les conflits portant sur l’emplacement de la frontière vers l’Hospice sont documentés jusqu’en 1906.
- En Valais, il faut consulter non seulement les archives paroissiales, mais aussi les archives communales, les complétant. Les inventaires sont disponibles auprès des archives de l’Etat.

Pour avoir une idée du contenu de ces archives et des défis quant à leur conservation, il peut être utile de consulter deux articles imagés présentant la typologie de quelques beaux documents ainsi que constater des ravages sur des documents, dus à des facteurs fort divers.

Consultation

Les archives sont en principe accessibles uniquement aux chercheurs qui effectuent des recherches ciblées à caractère scientifique. Le règlement et les conditions de consultation sont disponibles sur ce site.
Comme les archives historiques (AGSB) sont à l’Hospice, leur consultation peut se faire de juin à octobre, lorsque la route n’est pas bloquée par la neige. Pour les autres fonds, la consultation peut se faire toute l’année.
Les inventaires sont publiés en ligne ou en cours de publication, munis d’introductions présentant chaque fonds. Nous les trouvons, soit sur notre site, soit sur le site de la Fondation des Archives historiques de l’Abbaye de Saint-Maurice,
www.aasm.ch soit sur le portail www.digi-archives.org

Inventaires et images en ligne

Pour des raisons économiques, nous avons réalisé et publié uniquement les inventaires en format numérique. Cependant les registres des passants, fréquemment demandés, ont été numérisés et sont disponibles à la consultation en ligne.

Histoire des archives

Les origines

L'hospice du Grand-Saint-Bernard a été fondé vers l'an 1050 par l'archidiacre d'Aoste, le futur saint Bernard, dit de Menthon ou de Monjou (~1020-1081/86), canonisé en 1123 par l'évêque de Novare (I), puis inscrit au calendrier romain en 1681. Il s'agit de la restauration d'un monastère établi à Bourg-Saint-Pierre dont la première mention remonte à l'an 812. Ce dernier a été détruit par les invasions de Lombards au milieu du 10e siècle. Les archives de la Congrégation des chanoines contiennent des documents remontant au 12e siècle, avec une seule exception, un fragment de la légende de saint Nicolas de Myrrhe de l'époque de la fondation de l'Hospice. Les premiers siècles de l'histoire de cet ordre religieux sont peu documentés, probablement en raison d'un grand incendie qui détruisit l'Hospice en septembre 1554. Cependant, les documents les plus importants, concernant les rapports avec le Saint-Siège, l'évêque de Sion, l'empereur, la famille de Savoie et quelques grands de ce monde ont été précieusement conservés jusqu'à nos jours.

Les premiers inventaires

A partir du 15e siècle, les Constitutions de la Congrégation mentionnent des ordonnances concernant les archives qui indiquent que la Congrégation s'est formée autour de l'Hospice et de centres administratifs jouissant d'une autonomie variable par rapport à la maison-mère, comme les prieurés de St-Bénin, puis de St-Jacquême en Ville d'Aoste, la rectorie de Sion (Valais), les prieurés de Meillerie et d'Etoy de chaque côté du lac Léman, et les diverses résidences des prévôts, Meillerie, Roche, Etoy et Rive-sous-Thonon.

Les constitutions de 1437, favorables aux coutumes, prévoient de transporter au Mont-Joux les documents concernant l'Hospice et de les déposer dans l'arche du trésor. Les autres écrits doivent alors se trouver dans la résidence prévôtale de Meillerie. Il est décidé d'en établir un inventaire.

Les constitutions de 1438 édictées en vue d'un renforcement de la vie régulière, demandent que le prévôt, les prieurs, curés, administrateurs ou officiers de l'hospice et de ses membres doivent dresser, dans le délai d'un an, les registres, récognitions et inventaires dans lesquels seront soigneusement décrits les biens, droits, revenus, etc., de la congrégation : il en sera fait un grand livre en parchemin qui demeurera à perpétuité dans le monastère du Mont-Joux. En outre, toutes les bulles de l'hospice et de ses membres seront conservées à l'hospice lui-même, dans une arche propre et bien fermée, munie de clefs.

2 photos Arches des archives réalisées vers 1490 et en 1727

En 1476, l'Hospice passe avec le Bas-Valais de la souveraineté de la Maison de Savoie à celle du Haut-Valais, tandis que la résidence des prévôts (Aoste) reste sous le patronage savoyard. La gestion des archives devient par conséquent conflictuelle entre ces demeures. En 1621, elles sont à la résidence des prévôts. Leur inventaire mentionne "en la chambre du trésor, 55 buffets en bois de sapin dans lesquels autrefois l'on tenait les droits de la maison", et "...dans trois qui se ferment, plusieurs écritures, même les livres de récognitions de Meillerie... ". La situation est toujours semblable à la fin de la prévôté de Roland Viot (1611-1644). Les nonces de Lucerne, par deux fois, font restituer les archives à la maison mère. Sous le prévôt Antoine Norat (1671-1693), par avis de la cour de Turin, elles sont, pour la 3e fois, ramenées à Aoste.
L'inventaire des titres conservés à l'hospice, réalisé en 1750, fait apparaître, que les documents relatifs aux possessions d'outre-monts sont à Aoste.

La Séparation de 1752

Suite à de longues querelles à propos du droit de nomination ou d’élection du prévôt, un événement va bouleverser la vie de la Congrégation. Le pape Benoît XIV sécularise le 19 août 1752 (lettre "In Supereminenti") tous les bénéfices des chanoines du Grand-Saint-Bernard situés dans les Etats sardes et les réunit à l'ordre mauricien, à l'exception des églises paroissiales. Même les religieux qui y résident sont sécularisés. En contrepartie, les chanoines du Grand Saint-Bernard retrouvent le droit d’élire librement leur supérieur général, le prévôt.

En 1752, les archives de la congrégation, conservées à Aoste, deviennent la propriété de l’Ordre mauricien qui les transfère dans ses locaux à Aoste et à Turin.

De nombreux documents emportés concernent l'administration de biens que la congrégation continue à posséder. C'est pourquoi les religieux réclament ces documents et obtiennent en 1785 de récupérer environ 500 titres d’archives. Les documents concernant les bénéfices de la congrégation en dehors du Valais sont restés à Turin jusqu'à nos jours, conservés par l'Ordre Mauricien.

Aujourd'hui

Le local d’archives aménagé au-dessus de la sacristie en 1716 est resté en usage jusqu'en 1952, date de leur transfert au 2e étage de l'Hospice, dans un local contigu à l'église, la porte voisine de celle de la tribune. Elles ont été déplacées pour en refaire l’inventaire, dès 1972 et sont désormais dans l'ancienne lingerie. De 1972 à 1994, le chanoine Lucien Quaglia (1905-2001), archiviste de la congrégation a rédigé une grande partie des fiches descriptives des documents, tandis que M Grégoire Ghika, archiviste cantonal a patiemment complété le travail en vue d'en dactylographier l'inventaire. Le tout a été microfilmé (254 films à 600 photos, soit 152'600 clichés), puis les documents ont été restitués jusqu'en 1996. Notons qu'il n’y a pas eu de réflexion approfondie pour trouver une date butoir afin d’inventorier ces archives historiques (AGSB). Les documents utilisés pour l’administration courante se trouvaient à Martigny (ASBM), tandis que le reste était à l’Hospice, dont les dossiers personnels des chanoines. Ainsi, tout ce qui était à l’hospice a été pris pour catalogage. Il faut ainsi se méfier des séries dès la fin du dix-neuvième siècle, car elles sont souvent incomplètes, le reste étant à Martigny, réparti entre les archives modernes et celles de la Procure.

La fondation des Archives historiques de l’abbaye de Saint-Maurice nous a gracieusement proposé de mettre en ligne l’inventaire de nos archives historique, ce qui est devenu une réalité entre avril 2003 et avril 2004 sur le site www.aasm.ch, sous forme de fiches dans une base de données ainsi que sous forme de fichiers html. De 2005 à 2006 ce travail a migré sur le portail www.digi-archives.org. Nous gardons sur notre site un exemplaire de sauvegarde au format html. Depuis lors les inventaires d’autres fonds sont progressivement publiés.

Avec le soutien de la Loterie Romande, un projet de transfert des archives dans des boîtes non-acides fabriquées par la maison Oekopack s’est réalisé, de juin à septembre 2004, comprenant également la restauration des documents scellés et leur mise à plat dans des boîtes ad hoc. Les derniers documents restaurés ont été restitués le 30 juin 2006. Des documents sont restaurés, au fur et à mesure des possibilités économiques, par Mme Shazar, via l’atelier de restauration de l’abbaye de Saint-Maurice. Pour visualiser les travaux effectués ces dernières années et les collaborations effectuées, voir le site de l’abbaye de Saint-Maurice.

Archives - Liste des fonds et leur localisaton

La Congrégation des Chanoines du Grand-Saint-Bernard gère les archives dont elle en a le dépôt.
Il s'agit d'abord de ses propres archives, historiques et modernes, déposées en la Maison Centrale de Martigny ou dans les maisons locales de la Congrégation.

Elle veille également sur les archives d'autres institutions (paroisses ...) qui sont liées à son champ d'activité pastorale. Cette gestion est réglée par convention signée avec chaque partie.

Elle suit également avec attention les Institutions qui conservent des documents concernant l'histoire de la Congrégation ( Archives sur territoire italien ...)

Fonds centralisés à Martigny

ASBM : Archives du Saint-Bernard, fonds moderne (Martigny)
Archives modernes de la Congrégation, elles font suite aux archives historiques.
Archives courantes de la Procure (Martigny)
Archives du procureur, cellérier ou économe général de la Congrégation, conservées dans le même local depuis le 18ème siècle.
AGSB MIS : Archives de la Mission (Martigny)
Fonds de la Procure de la Mission, mis sur pied en 1930, suite à la décision de la Congrégation d'envoyer des missionnaires au Tibet, puis à Taiwan.
AGSB SIM : Archives de l'Hospice du Simplon (Martigny)

Fonds épars

AGSB : Archives historiques du Grand-Saint-Bernard (Hospice du GSB)
Les archives historiques de la Congrégation sont conservées à l'hospice du Gd-St-Bernard et sont consultables uniquement sur rendez-vous avec l'archiviste.

Archives de la Mission, à Taïwan

Les archives de la Mission (en Chine, au Tibet, puis à Taïwan) sont conservées sur place (Catholic Church Po-Ai Lu 64 971 Hsincheng, (Hwalien) Taïwan R.O.C.)

Les archives paroissiales

La Congrégation avait depuis le 12ème siècle la charge de paroisses « pleno jure » - statut qui n'a pas été repris dans le code de doit canon de 1983 - c'est-à-dire qu'elle devait en assumer la juridiction temporelle (gestion du patrimoine), tandis que l'évêque en assumait la juridiction spirituelle (gestion des âmes). A ce jour, elles sont généralement dans les différentes paroisses, classées et conservées avec un soin inégal. A terme, il est envisagé de mettre à jour les inventaires et la manière de les conserver, pour leur assurer une certaine pérennité. Les inventaires existants sont disponibles auprès des Archives de l'Etat du Valais à Sion depuis les années 1960 (www.vs.ch/Navig/navig.asp?MenuID=1902).

Fonds dont la gestion est assurée par d'autres institutions

Archives de l'Ordre Mauricien (AOM), à Turin
Le 19 août 1752, par la bulle "In Supereminenti", la prévôté du Grand-Saint-Bernard est démembrée de ses maisons situées dans les Etats sardes dont la résidence des prévôts, Saint-Jacquême d'Aoste, l'hospice du Petit-Saint-Bernard et une dizaine de paroisses ou prieurés. Les religieux qui s'y trouvent sont réduits à l'état séculier et l'Ordre des saints Maurice et Lazare hérite de ces propriétés avec quelques devoirs, dont celui de fonder un hôpital dans la ville d'Aoste. A cette occasion, les archives de la Congrégation qui se trouvaient dans la résidence des prévôts deviennent la propriété de l'Ordre Mauricien qui gère les fonds anciens du Grand-Saint-Bernard depuis lors (Archivio Storico Mauriziano, Ospedale Umberto Primo, Via Magellano n°1, I-10128 Torino). En 1784 une partie de ces archives a été restituée à la Congrégation. Il s'agit principalement ce qui concerne les propriétés que la Congrégation avait conservées en Valais. Les archives de l'Ordre Mauricien contiennent un inventaire de 9 volumes in-folio du 18ème siècle rédigé principalement en français et intitulé "Inventario delle scritture della Prevostura e Casa dei Santi Nicolao e Bernardo d'Aosta", c'est un énorme fond concernant la gestion des bénéfices de la Congrégation, principalement hors du diocèse de Sion: http://www.digi-archives.org/fonds/asto/static/tdm_asto_fr.html

Archivio di Stato di Torino (AST), à Turin

Les splendides archives d'Etat de Turin sont celles de la Maison de Savoie. Dès 1475 le Bas-Valais passe de la juridiction de Savoie à celle de l'évêque de Sion et des 7 dizains. Pour le Grand-Saint-Bernard, cette date marque un tournant car la majorité des ses terres et bénéfices restent sous la juridiction de la Maison de Savoie (résidence des prévôts, paroisses et prieurés en Val d'Aoste, Hospice de Petit-Saint-Bernard et quelques paroisses sur le versant français du col, prieuré de Meillerie et autres possessions au Sud du Lac Léman...) tandis que l'hospice, une dizaine de paroisses et quelques fermes sont valaisannes. De plus le droit de présentation des Prévôts du Grand-saint-Bernard appartient à la Maison de Savoie de 1451 à 1752 et la frontière entre la Savoie et le Valais sur le col est sujet à des controverses continuelles de la fin du 15ème siècle à 1906, date de concordat écrit entre l'Italie et la Suisse pour régler enfin ce malentendu. Aussi, tout naturellement des fonds concernant le Grand-Saint-Bernard sont conservés à l'Archivio di Stato di Torino.

L'Archivio di Stato comprend deux localisations:
1. Archivio di Stato di Torino, Piazza Castello 209, I-10100 Torino, c'est ce qui concerne la cour de Savoie. Le grand fonds est sous Abbazie, Gran San Bernardo, dans d'autres séries se trouvent aussi des documents concernant notre sujet.
2. Archivio di Stato di Torino, Via Piave 21, I-101000 Torino, c'est plutôt la comptabilité des différentes châtellenies de l'ancienne Savoie.
Biblioteca reale, à Turin
A via Castello, à quelques portes des Archives d'Etat se trouve l'entrée à la bibliothèque royale. Y est conservé un fonds de parchemins très divers dont certains concernent le Valais et quelques rares numéros le Grand-Saint-Bernard. Ce fonds semble être l'oeuvre d'un collectionneur.

Dans ces pages, consacrées aux différents fonds concernant les archives de la Congrégation des chanoines du Grand-Saint-Bernard de sa fondation (vers 1050) à nos jours, le chercheur trouvera des indications précises pour connaître les fonds à disposition et la manière de les consulter, soit :
- les conditions de consultation sur le lien " Consultation",
- le règlement sur le lien " Règlement",
- la description des divers fonds d'archives et des liens sur leurs inventaires en ligne au lien " Présentation
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