L'Hospice du Simplon

Les Icônes de l'église

Les icônes qui ornent le choeur de l'église de l'Hospice du Simplon ont été peintes par Klaus et Barbara Kegelmann (D).
L'ensemble de la décoration comprend :

- au centre, une grande Croix , où sont représentés le Christ, Marie sa mère et Saint Jean, le disciple préféré;
- à droite, les icônes de Saint Bernard de Mont-Joux et de Saint Nicolas de Myre;
- à gauche, les icônes de Saint Augustin et de sa mère sainte Monique.

icones Simplon

Une " ICÔNE"

Le mot grec "Eikonion" signifie "petite image".

Il s'agit d'une image proposée à la vénération des fidèles.

Dans le livre de la Genèse, Dieu parle en "image": "Il créa l'homme à son image" - "l'arbre de la Vie" - "le jardin d'Eden"...
Le Christ utilise des images dans sa prédication: "Je suis la vigne, vous êtes les sarments" - "Je suis le Pain de Vie"...
Lorsque saint Jean dit: "Le Verbe s'est fait chair", on comprend que Dieu s'est fait une image, c'est à dire une Icône : Jésus le Christ.
Saint Jean Damascène explique de même: "Dieu a créé par son Fils Jésus-Christ une Image et vous devez le dessiner et le peindre".

Les icônes sont des "fenêtres dans le ciel"; par elles la Lumière divine brille comme à travers un vitrail et devient visible pour les hommes.
Les peintres d'icônes mettent en image les Parole de la Bible et de l'Evangile. Ils soulignent ainsi la relation vitale qui existe entre Dieu et l'homme. Ils ajoutent parfois une inscription à la représentation picturale pour renforcer le lien d'unité qui existe entre l'Image et l'Ecrit. L'icône projette dans le monde sensible les réalités du monde glorifié en Dieu.

La croix

La croix appartient au "langage en image" qui fut utilisé tant par l'Eglise d'Orient que par l'Eglise d'Occident. Elle est leur point de rencontre.

C'est une croix de style italo-byzantin (266 x 240 cm). Elle contient la forme de croix latine, avec une planche sous les pieds du Crucifié. Sur la croix de l'Eglise Orientale, cette planche est posée obliquement pour indiquer la Résurrection.

On appelle une telle Croix une "Croix triomphante" sur laquelle le Christ est représenté comme l' "Endormi dans la mort" : le Fils de Dieu est mort, l'Homme-Dieu a connu la mort, mais il a vaincu la Mort. Plus que la somme des douleurs endurées, on y lit le don de la vie jusqu'au bout de l'amour. Aussi, les signes de la Passion y sont à peine représentés; mises à part les cinq plaies, le Christ n'est pas "l'homme souffrant" avec la couronne d'épines, le corps torturé et flagellé. On n'y trouve également aucune trace des instruments de torture. Un corps soutenu et non pas déchiré par la violence souligne l'attitude d'apaisement et de sérénité dans le drame de la mort du Fils de Dieu.

Croix

Cette forme de Croix calque celle triomphante de Cimabue au XIV siècle en Italie. Ce peintre s'est inspiré de la croix byzantine, signe évident du lien qui unissait les deux cultures orientales et occidentales. La position "balancée" ainsi que la forme et la grandeur du linge recouvrant le corps annoncent le début de la Renaissance. Sur les deux bras de la croix, l'auteur a représenté Saint Jean et la Vierge Marie. Selon le témoignage de Jean dans son Evangile, ils étaient au pied de la Croix au moment de le mort de Jésus. La symbolique des couleurs de la Mère de Dieu et de l'Apôtre renvoie à l'art italien, plutôt qu'à l'iconographie byzantine. Comme les saints de la partie inférieure, ils sont auréolés d'un nimbe doré à l'image de Jésus, de qui ils reçoivent la sainteté.

De dimensions imposantes (150x64 cm), les quatre icônes qui entourent la Croix représentent le Fondateur et les Protecteurs de la Congrégation du Grand-Saint-Bernard. De droite à gauche, Saint Nicolas de Myre et Saint Bernard de Mont-Joux veillent sur l'oeuvre d 'hospitalité de la Congrégation. Saint Augustin et sa mère Sainte Monique en soutiennent la vie religieuse et communautaire.

icône St.Nicolas

Saint Nicolas

Nicolas était évêque de Myre en Arménie (Turquie actuelle). Saint Bernard l'a choisi comme Protecteur pour son oeuvre d'hospitalité sur le col du Mont-Joux. Cet homme de Dieu, très populaire au Moyen-Âge, est connu pour ses nombreux miracles, surtout en faveur des pauvres et des enfants.

Sa main gauche tient avec respect l'Evangile. Le pouce et le majeur de sa main droite, unis et bénissants, témoignent de la double nature du Christ (Dieu et Homme), pendant que les trois autres doigts indiquent la Trinité. Les trois traits au fond de son étole rappellent également le Mystère de la Sainte Trinité.

Les cinq points sur l'Evangile suggèrent la perfection divine, comme aussi l'union intime de Dieu et de l'homme. Le cep de vigne rappelle l'image biblique utilisée par Jésus dans sa prédication.

icône St.Bernard

Saint Bernard de Montjoux

Il est le Fondateur de la Congrégation des Chanoines qui porte son nom. Il revêt l'habit de diacre puisqu'il a exercé son ministère auprès des pauvres et des voyageurs d'abord à Aoste, puis au col du Grand-Saint-Bernard.
Un dragon enchaîné gît à ses pieds : d'après la légende, il jeta son étole contre la statue de Jupiter, symbole du culte païen, qui se renversa. Le dragon maîtrisé symbolise également les dangers de la montagne et des bandits qui s'abattaient sur les nombreux pèlerins et commerçants qui traversaient les Alpes. Dans sa main gauche, il tient le bâton du Messager de Dieu, infatigable prédicateur de l'Evangile, bâton du Prévôt ou Supérieur de la Congrégation.

icône St.Augustin

Saint Augustin

Habillé en Apôtre, dans un style gréco-romain, Saint Augustin tient en main une plume et un rouleau. Il écrit les premiers mots ("Cor unum in Deum" un seul coeur en Dieu) de la Règle de vie qu'il donna aux clercs de son diocèse d'Hippone en Afrique du Nord (vers l'an 400).

Aujourd'hui encore, les Chanoines du Gd-St-Bernard suivent cette Règle qui prône la vie commune. Le symbole des trois points placés en triangle rappelle le Mystère de la Sainte Trinité dont Augustin fut un ardent prédicateur.

icône Ste Monique

Sainte Monique

La prière incessante de Monique pour son fils Augustin obtint la conversion de celui qui cherchait la vérité dans les doctrines païennes et qui désolait sa mère par sa vie dissolue. Attitude de recueillement et de méditation. Habit rouge-ocre de qui a combattu le bon combat de la foi. Voile blanc de la pureté du coeur. La croix du Christ dans ses mains et sous son regard comme signe de la mort et de la résurrection de Jésus, vainqueur de la mort physique et morale. Geste maternel de l'offrande, symbole de la maternité et du don de soi dans l'Eglise.

Les symboles

Les quatre personnages disposés sous les bras de la croix du Christ sont auréolés d'un nimbe doré, à l'image de leur Maître et Seigneur dont ils partagent la sainteté. Ils sont "en Christ"; ils sont devenus "Christ lui-même). Leurs pieds reposent cependant sur un fond de nature verte, rappelant l'humble et parfois rude condition de l'existence terrestre.

Le fond doré suggère la Lumière divine qui éclaire tout homme. Dieu et l'homme se rejoignent au travers de ce voile de Transfiguration.

Le bleu très dense soutenant le crucifix et les icônes ouvre sur l'infini du cosmos qu'irradie la lumière du Christ et de ses saints.

Une garniture rouge entourant chaque tableau fait allusion au sacrifice, don de sa vie jusqu'au bout de l'amour.

Les inscriptions

Les quatre icônes du bas portent l'inscription du personnage qu'elles représentent.

La plaquette du haut de la croix porte l'inscription latine: "Jesus Christus Nazarenus Rex Judaeorum" (Jésus Christ le Nazaréen, Roi des Juifs). L'auréole du Christ est surmontée d'une abréviation grecque de Jésus Christ. On traduira ainsi les lettres gravées dans l'auréole elle-même: "Je suis celui qui est", nom révélé par Dieu à Moïse au Buisson ardent.

Le bras gauche de la croix porte l'abréviation grecque de ''Saint Jean'', le bras droit celle de la ''Mère de Dieu''.

Icône Marie Icône Jean

Une telle décoration du choeur de l'église de l'Hospice du Simplon a été voulue comme un désir et une prière pour la réconciliation et l'unité de l'Eglise du Christ.

S'inspirant de l'Orient pour représenter des saints vénérés dans l'Eglise d'Occident, les auteurs d'une telle fresque nous invitent à éliminer les barrières entre peuples et civilisations pour aller à l'Essentiel. De l'icône, un puissant appel se dégage: "Ce que nous avons entendu,... ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché du Verbe de Vie, nous vous l'annonçons... pour que notre joie soit complète" (1 Lettre de Jean).